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3/ La construction

Une première surprise retarde la construction de 8 mois : Même s’il est peu éloigné du Palais de l’Industrie, on s’aperçoit qu’on ne peut pas fonder la partie sud de l’édifice directement sur le sol. En effet, on trouve à cet endroit les traces des débordements de l’ancien ruisseau de Ménilmontant, qui avait posé des problèmes pour la construction de l’Opéra par Charles GARNIER, également Sociétaire des Artistes Français.

Les architectes :

LOUVET Louis Albert 1860-1936, Sociétaire des ARTISTES FRANÇAIS.

Élève de louis Victor LOUVET et de LE GINAIN à l’École des Beaux-Arts. Chevalier de la Légion d’Honneur en 1900.

DEGLANE Henri-Adolphe 1855-1931, Sociétaire des ARTISTES FRANÇAIS.

Il expose au salon de 1880 à 1888. Grand-Prix de Rome en 1881.
Il construit Le pavillon de l’Afrique Centrale à l’exposition coloniale de Marseille en 1900 et le Palais du Gouverneur Général à Dakar. Officier de la Légion d’Honneur en 1900.

THOMAS Albert-Théophile 1847-1907, Sociétaire des ARTISTES FRANÇAIS.

Grand-Prix de Rome en 1870. Expose au salon jusqu’en 1890. Mission archéologique en Asie Mineure. Officier de la Légion d’Honneur en 1900.

GIRAULT Charles-Louis 1851-1932, Sociétaire des ARTISTES FRANÇAIS.

Élève de Daumet. Il construit la crypte de Pasteur, les tribunes de Longchamp, et surtout le Petit-Palais très admiré par le Roi des Belges qui lui offrit une brillante carrière en Belgique. Officier de la Légion d’Honneur en 1900.

Les trois architectes lauréats du concours se répartissent le travail et les études sur un plan en “H” est imposé aux concurrents. L’architecte GIRAULT coordonne l’ensemble.

Les entreprises soumissionnent sur des cahiers des charges ( toujours conservés ) extrêmement rigoureux. La démolition du Palais de l’Industrie est effectuée très rapidement pour faire place au GRAND-PALAIS.

Les fondations sont exécutées sur pieux dans le terrain encore inondable en 1900 des rives de la Seine et de l’ancien ruisseau de Ménilmontant.

La partie du bâtiment du côté CHAMPS-ÉLYSEES est fondée de façon classique. C’est l’assèchement des fondations sur l’ancienne zone inondable qui provoque les principaux désordres qui ont nécessité la fermeture du GRAND-PALAIS en 1993. Un effet de bascule dû au tassement des fondations sur pieux déstabilise la structure métallique de la grande nef et fait éclater les verrières. Les travaux de restauration deviennent alors indispensables.

L’entreprise DAYDEE et PILLE (qui deviendra la société EIFFEL) et dont l’écusson figure encore sur l’un des piliers, exécutera de main de maître les travaux de la structure métallique. Des rails sont posés au sol pour convoyer les pièces de métal et tous les échafaudages sont en bois.

Construction de la charpente du Grand PalaisConstruction photo chantier
archive Société des Artistes Français
Des photographies sur plaques attestaient régulièrement de l’avancement du chantier.
La nef du GRAND-PALAIS est la plus grande d’Europe au moment de sa construction. Cette verrière gigantesque occupe le quart de la surface du bâtiment. La coupole culmine à 45m de hauteur et repose sur 4 piliers en métal découpé. La nef est une voûte de plein-cintre, reprise sur un rythme de poteaux doubles fixés au sol par des platines boulonnées. La structure métallique se compose de grandes poutrelles en acier assemblées et rivetées. Elle libère au sol, un large espace sans poteaux intermédiaires.

Echaffaudages pendant la construction du dome du Grand PalaisConstruction de la coupole
archive Société des Artistes Français

Le dôme, annonce déjà un "style 1930", coiffe la voûte et ajoute sa lumière et ses difficultés techniques.
Les ailes en retour, la façade sur Seine et sur les CHAMPS-ÉLYSEES sont en maçonnerie de pierre dans le goût traditionnel de l’époque.

 

La façade qui fait face au PETIT-PALAIS et l’entrée dans la nef sont élégantes, et les colonnades qui ornent cette longue façade reprennent l’aspect des monuments de la place de la CONCORDE, afin de préserver une harmonie à l’ensemble de ce quartier.

Les archives du Grand-Palais conservent la plupart des plans d’origine des architectes et des entreprises.

Les nombreux “croquis”, les versions successives, l’amoncellement des plans témoignent de la difficulté, du labeur et des hésitations.

La Grande Nef est classée aux Monuments Historiques depuis 1974.
C’est en 2000 seulement que le GRAND-PALAIS dans sa totalité a été enfin classé.

Les multiples épures de l’escalier d’Honneur de LOUVET sont superbes. Plusieurs perspectives “à main levée” du volume de la nef par DEGLANE sont impressionnantes. Les plans de calpinage des fresques et des mosaïques sont rehaussés de couleurs d’aquarelle.

Certains plans, fragiles à l’extrême sont émouvants: le trou laissé par la pointe d’un compas, des coups de gomme encore visibles, une empreinte de doigt, et quelquefois dans la marge une annotation ou le croquis machinal d’un dessinateur.

 

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